Détroit d’Ormuz : pourquoi l’Algérie devient incontournable pour l’Inde
Economie

Détroit d’Ormuz : pourquoi l’Algérie devient incontournable pour l’Inde

Ramdane Bourahla 2 min

Les exportations algériennes d’urée vers l’Inde connaissent une nette accélération. En seulement trois mois, Alger a livré 245.000 tonnes à l’un des plus importants marchés mondiaux des engrais, confirmant l’intérêt croissant de New Delhi pour la diversification de ses approvisionnements. Un bond en début d’exercice En effet, entre avril et juin 2026, l’Inde a importé

Les exportations algériennes d’urée vers l’Inde connaissent une nette accélération.

En seulement trois mois, Alger a livré 245.000 tonnes à l’un des plus importants marchés mondiaux des engrais, confirmant l’intérêt croissant de New Delhi pour la diversification de ses approvisionnements.

Un bond en début d’exercice

En effet, entre avril et juin 2026, l’Inde a importé environ 2,5 millions de tonnes d’urée, selon les données du ministère indien du Commerce rapportées par Mint. Avec 245.000 tonnes, l’Algérie représente près de 9,8 % des volumes importés sur la période.

Le pays se classe ainsi derrière l’Égypte, qui a fourni 609.000 tonnes, mais légèrement devant le Nigeria, avec 244.000 tonnes. À eux trois, ces fournisseurs africains ont assuré près de 44 % des importations indiennes d’urée au premier trimestre de l’exercice 2026-2027.

La performance algérienne apparaît encore plus significative lorsqu’elle est comparée à l’exercice précédent. Sur l’ensemble de 2025-2026, l’Inde avait importé environ 217.000 tonnes d’urée algérienne. Le volume réalisé en trois mois dépasse donc déjà ce niveau de près de 13 %.

L’effet des tensions géopolitiques

Cette progression intervient dans un contexte particulièrement favorable aux fournisseurs situés en dehors du Golfe. Les perturbations liées aux tensions au Moyen-Orient ont compliqué les chaînes logistiques et accru les incertitudes autour des approvisionnements transitant par le détroit d’Ormuz.

Face à ces risques, New Delhi cherche à multiplier ses sources d’achat. Les autorités indiennes ont notamment mobilisé leur réseau diplomatique afin d’identifier de nouveaux fournisseurs et de sécuriser les besoins du secteur agricole.

Dans cette stratégie, l’Algérie figure désormais aux côtés de plusieurs pays, dont l’Égypte et le Nigeria, comme alternative aux fournisseurs traditionnels.

Une opportunité pour les exportations hors hydrocarbures

Pour l’Algérie, cette dynamique dépasse la simple hausse ponctuelle des expéditions. L’urée constitue un produit industriel à valeur ajoutée, fabriqué à partir du gaz naturel, permettant de transformer une ressource énergétique en produit destiné aux marchés internationaux.

La progression des ventes vers l’Inde pourrait ainsi consolider la place des engrais dans la diversification des exportations algériennes. Des producteurs nationaux, notamment Sorfert Algérie et Algerian Organic Fertilizer (AOA), disposent de capacités qui peuvent accompagner cette orientation.

L’Inde reste dépendante des importations

Malgré le développement de sa production nationale, l’Inde demeure confrontée à un déficit structurel d’urée. Le pays dispose de dizaines d’unités de production, mais la consommation agricole reste suffisamment élevée pour maintenir un recours important aux importations.

La stratégie indienne consiste donc à sécuriser les stocks à court terme tout en développant progressivement les capacités locales.

Pour l’Algérie, cette situation ouvre une fenêtre commerciale intéressante. Les 245 000 tonnes expédiées au premier trimestre pourraient marquer le début d’une présence plus durable sur le marché indien, alors que New Delhi cherche à bâtir une chaîne d’approvisionnement plus diversifiée et moins exposée aux risques géopolitiques.

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