Commerce extérieur : L’Algérie durcit les règles d’importation pour 2026
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Commerce extérieur : L’Algérie durcit les règles d’importation pour 2026

Rym Boulanouar 2 min

Le paysage du commerce extérieur et des importations en Algérie connaît une transformation majeure. Entre exigences administratives strictes et digitalisation poussée, les nouvelles réglementations modifient en profondeur l'accès au marché algérien pour les fournisseurs internationaux. Un récent rapport du bureau des affaires agricoles du ministère américain de l’Agriculture (USDA) met en lumière la rigueur accrue

Le paysage du commerce extérieur et des importations en Algérie connaît une transformation majeure.

Entre exigences administratives strictes et digitalisation poussée, les nouvelles réglementations modifient en profondeur l'accès au marché algérien pour les fournisseurs internationaux.

Un récent rapport du bureau des affaires agricoles du ministère américain de l’Agriculture (USDA) met en lumière la rigueur accrue appliquée par les autorités algérieures afin de mieux encadrer l'entrée des marchandises et les flux de devises.

Le Programme Prévisionnel d’Importation (PPI) : le passage obligé

Désormais, toute opération d'importation commence bien avant l'embarquement des produits. Introduit progressivement depuis juillet 2025 puis généralisé en 2026, le Programme Prévisionnel d’Importation (PPI) impose aux opérateurs de soumettre leurs prévisions d'achat via une plateforme numérique dédiée.

Gérée par le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, cette procédure concerne :

Les matières premières et équipements pour les entreprises de production.

Les marchandises destinées à la revente en l'état.

Les services, intégrés au dispositif depuis août 2026.

L'obtention du visa sur ce programme est devenue la condition sine qua non pour entamer les démarches de domiciliation bancaire.

Délais stricts et traçabilité de la distribution

Pour les importations de biens destinés à la revente en l'état, deux nouvelles contraintes majeures s'imposent aux acteurs du secteur :

Le délai de 45 jours : Une fois le visa du PPI accordé, l'opérateur dispose d'une fenêtre stricte de 45 jours pour finaliser les démarches de domiciliation bancaire.

La transparence du réseau de distribution : Les importateurs doivent déclarer formellement l'identité de leurs clients (noms, numéros de registre du commerce et nature de l'activité). L'objectif affiché est d'adapter les volumes importés aux besoins réels du marché national tout en luttant contre l'informel.

Solvabilité financière : la Banque d'Algérie renforce les contrôles

Le filtrage s’accentue également au niveau du secteur bancaire. La directive n° 05-2026 de la Banque d'Algérie impose aux établissements financiers d'évaluer la marge financière et la capacité réelle de l'importateur avant d'accorder la domiciliation :

Les actifs nets de l'entreprise doivent équivaloir au moins à son capital social.

L'encours des importations non réglées ne peut dépasser 100 % des fonds propres de la société.

Cette approche privilégie la santé financière globale de l'entreprise au détriment du simple traitement au cas par cas des factures.

Conseillé aux exportateurs : ne pas expédier sans domiciliation

Face à ces exigences, l'USDA invite les exportateurs étrangers — notamment dans le secteur agroalimentaire — à la plus grande prudence. L'expédition de marchandises avant la validation de la domiciliation bancaire expose les cargaisons à des blocages sévères à l'arrivée. Le recours à la lettre de crédit (LC) demeure la formule privilégiée pour sécuriser les transactions à forte valeur.

En combinant régulation macroéconomique et digitalisation des démarches, l'Algérie cherche à préserver ses réserves de change tout en garantissant l'approvisionnement ciblé de son économie.

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