Décarbonation : Sonatrach et Eni s'allient
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Décarbonation : Sonatrach et Eni s'allient

Rym Boulanouar 2 min

L’émancipation énergétique passe désormais par le contrôle environnemental. Ce lundi à Alger, le géant national Sonatrach et l'italien Eni ont signé un protocole d’intention stratégique pour accélérer la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et de méthane. Loin d'une simple alliance technique, cet accord illustre la volonté de l'Algérie de sortir

L’émancipation énergétique passe désormais par le contrôle environnemental. Ce lundi à Alger, le géant national Sonatrach et l'italien Eni ont signé un protocole d’intention stratégique pour accélérer la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et de méthane.

Loin d'une simple alliance technique, cet accord illustre la volonté de l'Algérie de sortir des schémas d'exploitation extractivistes hérités de l'époque coloniale pour imposer un modèle fondé sur la maîtrise des ressources, le transfert de compétences et la co-décision.

Une rupture avec l'héritage extractiviste

Pendant des décennies, le modèle de concession imposé par les puissances étrangères a cantonné les pays du Sud au rôle d'exécutants et d'exportateurs de matières brutes, laissant derrière eux un lourd tribut écologique. L'accord signé entre Sonatrach et Eni s'inscrit en faux contre cette dynamique de dépendance.

L'Algérie affirme sa souveraineté en conditionnant l'exploitation de son sous-sol à des exigences environnementales strictes, alignées sur les intérêts du peuple algérien plutôt que sur les seuls impératifs de rendement des multinationales.

Autonomie technologique et transfert de compétences

Au cœur de cette démarche de décarbonation industrielle se trouve la réappropriation des savoirs et des technologies. Prolongement des engagements pris en 2023, la feuille de route conjointe priorise l'autonomie opérationnelle des équipes locales :

Campagnes LDAR (Leak Detection and Repair) : Initialement menées conjointement, ces opérations de détection et de réparation des fuites de méthane sont désormais pilotées de manière autonome par les cadres et techniciens algériens sur les sites communs.

Capital humain et formation : Des programmes de renforcement des capacités permettent une montée en compétence rapide des effectifs nationaux pour l'application directe des mesures d'efficacité énergétique.

Audits techniques indépendants : L'évaluation des émissions de référence sur six installations clés est réalisée avec une maîtrise d'ouvrage nationale affirmée.

Une transition écologique pensée depuis le Sud

La réduction du torchage, la lutte contre les rejets à l'évent et les projets de captage, utilisation et stockage du carbone (CCUS) ne sont plus dictés par des normes occidentales descendantes. Ils répondent à une stratégie d'État visant à préserver l'écosystème national tout en valorisant chaque mètre cube de gaz sur le marché local et international.

L'initiative inclut également des projets de captage naturel du CO_2, notamment par le développement de projets forestiers sur le territoire national, ancrant la transition écologique dans la géographie et les besoins du pays. En transformant son modèle gazier, l'Algérie démontre qu'un pays du Sud global peut imposer ses propres règles du jeu face aux géants de l'énergie.

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